L'OM SUR LA BONNE VOIE
Par Cédric ROUQUETTE
Pour la première fois de la saison, Marseille a enchaîné une prestation encourageante en Ligue des champions (1-2 à Porto) par un match plein et un résultat convaincant en Ligue 1 (2-1 à Lyon). Eric Gerets a mis le doigt sur une formule en 4-2-3-1 efficace si elle est dépouillée d'erreurs individuelles. Samir Nasri promet des lendemains qui chantent.
Samir Nasri et Mathieu Valbuena, deux joueurs très techniques au milieu. (Photo L'Equipe)
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La 14e journée
Une équipe très au-dessus de l'ordinaire de la L1Bien sûr, la performance parle d'elle-même, et sa conséquence immédiate a une saveur sucrée. L'OM est sorti dimanche de la zone des relégables, même si le classement, dix-septième, reste une sorte de honte pour le prétendant le mieux armé sur le papier derrière le sextuple champion. La victoire de Marseille à Lyon (2-1) a surtout permis à l'équipe phocéenne de pouvoir se regarder dans la glace sans rougir après une semaine complète de football. Cette saison, c'est inédit. Jusqu'ici, les bons moments de cette équipe ne s'exprimaient que par fulgurances, exclusivement en Ligue des champions, avec rechute violente en Ligue 1. Défaite à Auxerre (0-2) après le succès devant Besiktas (2-0) ; défaite à Saint-Etienne (0-1) avec la «
peur de jouer » (Gerets) après la victoire à Liverpool (1-0) ; défaite à Sochaux (1-2) après le nul heureux décroché contre Porto (1-1). La semaine dernière, Marseille a bien perdu au Stade du Dragon (1-2), mais avec, dans le jeu, une cohésion et une efficacité jamais vue depuis l'exploit d'Anfield. Dimanche, pour jouer son mauvais tour à Lyon, Marseille a fait la même chose qu'au Portugal en mieux : défendre âprement en épurant les erreurs individuelles (malgré le rayonnement incertain de J. Rodriguez), faire tourner le ballon au milieu, jouer simple après la récupération, s'appuyer sur le volume considérable de Valbuena, Nasri et Niang pour créer le danger. Au bout du compte, une splendide performance et la certitude que cette équipe, potentiellement, est très au-dessus de l'ordinaire de la Ligue 1.
Ayew fait son trou«
Nous ne sommes pas encore sûrs à 100% de notre jeu, pas sûrs à 100% de maîtriser le match, nuance Lorik
Cana, encore marqué par la rechute d'après Liverpool. Nous avons fait de grandes performances mais nous n'avons pas encore su enchaîner. » L'évidence est que les deux soirées de gala de la semaine étaient du genre à entraîner une motivation spontanée, sans doute aiguisée par le viril passage en revue du président Diouf après la nul contre Lorient (0-0). Cana encore : «
Je ne sais pas si une équipe est née, mais nous sommes sur la bonne voie, on se crée de bonnes bases pour avancer et, avec le prochain match contre Metz, nous avons une bonne opportunité pour commencer à enchaîner. » Ces bases, vu la constante dans l'animation et le choix des hommes, sont un 4-2-3-1 dans lequel la plupart des postes semblent désormais pourvus. Mandanda, Rodriguez, Givet (à gauche ou dans l'axe), Bonnart (à droite ou à gauche), Cana, Nasri, Valbuena et Niang ont désormais une place réservée. Ayew et Mbami ont participé aux deux rencontres avec succès, et même si physiquement, leur marge de progression a sauté aux yeux, il leur appartient désormais de conserver leur place dans le bon wagon. Le onzième homme sera un défenseur, Faty, Zubar ou Taiwo, selon les choix du moment du technicien belge, un dilemme que Marseille aurait pu s'épargner en conservant Beye.
Cissé, Ziani et Zenden sur le bancLa conséquence spectaculaire de cette ligne directrice est de laisser sur le banc Djibril Cissé, Karim Ziani (blessé pour l'occasion) et Boudewijn Zenden, les recrues les plus spectaculaires du dernier marché, sans parler de Matt Moussilou, déjà en partance pour le Golfe. Mais c'est la chronique désormais ordinaire d'un club irrationnel, et qui paraît condamné à la dépression après le départ de ses joueurs-clef; le début de saison actuel, après la vente de Franck Ribéry, n'est qu'une réplique plus violente de celui qui avait suivi le départ de Didier Drogba en 2004. C'est contre les équipes plus ordinaires que l'OM doit désormais valider sa renaissance : Metz et Lille seront ses deux prochains adversaires, puis Monaco et Bordeaux se poseront pour flatter la tendance des Phocéens à bien négocier les soirées de gala. «
Avec l'enchaînement des matches, ça va aller de mieux en mieux, on le sent», assure Samir Nasri. Le jeune meneur parle pour son équipe, mais le jugement pourrait aussi le concerner sur un plan individuel, ouvrant une somme de perspective à ce club qui aime concilier victoires, sueur et style. Nasri est à la fois loin de son meilleur niveau et déjà auteur de belles différences après un début de saison perturbé par une entorse à la cheville puis surtout un virus coriace. «
Dans la semaine, nous avons discuté et nous avons vu que tout le monde était sur la même longueur d'ondes, cela permet de tenir le même discours et de faire la même chose sur le terrain, conclut Cana
. C'est facile de parler de ce qui ne va pas. Trouver des solutions est autrement difficile. Ça se prouve sur le terrain. » Cette fois, c'est fait. Il s'agit juste de continuer.