par KeKe le Mer 4 Jan - 11:30
Boxe - Lourds-légers : Mormeck rêve d'un exploit
Jean-Marc Mormeck, champion WBA et WBC des lourds-légers, combat pour une troisième ceinture et sait qu'il peut vivre un triomphe historique samedi au Madison Square Garden de New York face à l'Américain O'Neil Bell, détenteur du titre IBF. Le Français de 33 ans peut en effet rejoindre l'Américain Evander Holyfield, seul jusqu'à présent à avoir unifié les trois couronnes principales de la catégorie, WBA, WBC et IBF depuis 1988.
«Jean-Marc Mormeck, que faire pour battre Bell ?
Je ne me suis pas entraîné en fonction du style de Bell. Je pars avec la même philosophie avant chaque combat. Je ne surestime, ni ne sous-estime mes adversaires. Contre Virgil Hill (Mormeck lui a ravi le titre WBA en février 2002), j'étais le challenger. Il avait l'expérience avec lui. Contre Alexander Gurov, il y avait un problème de taille à résoudre. Wayne Braithwaite (Mormeck lui a ravi la couronne WBC en avril 2004) avait la fougue. Il n'avait peur de rien et frappait très fort.
Pourtant, défensivement, Bell n'est pas vraiment une terreur ?
Peut-être. Mais je me dis que c'est quelqu'un qui a travaillé dur pour en arriver là. Il va tout donner. Bell cogne aussi fort que Braithwaite. En plus, il va avoir le public avec lui.
Votre préparation a-t-elle été différente ?
Je me suis encore mieux entraîné que la dernière fois. On a surtout axé la préparation sur la précision, la force et la vitesse.
Quels sont vos projets en cas de réunification ?
Aucun doute là-dessus. Je monte chez les lourds. Plus de temps à perdre. J'estime que j'aurai fait le tour de la catégorie des lourds-légers. Il ne me restera plus rien à prouver. On a déjà souvent évoqué le nom de Lemon Brewster comme possible adversaire. Si on me donne Brewster, je ne dirai évidemment pas non. Mais si j'avais le choix, je préférerais combattre Chris Byrd ou John Ruiz. La division (des lourds) n'est plus ce qu'elle était. Avant, il y avait les Lewis, Tyson ou Holyfield. Les poids-lourds actuels sont à ma portée.
Aimeriez-vous revenir un jour combattre en France ? (son dernier combat remonte en août 2003 à Marseille face au Canadien Dale Brown)
J'ai fait toute ma carrière en France. Ce serait fabuleux de revenir un jour là-bas. Je suis toujours partant.
Etes-vous déçu par la somme (300.000 dollars, environ 255.000 euros) que vous percevez pour un combat de cette importance?
Peut-être ai-je fait un sacrifice financier ? Mais je suis proche d'un grand exploit. Et cela n'aurait jamais pu se concrétiser si je n'avais pas signé avec Don King.
Souffrez-vous toujours d'un manque de notoriété aux Etats-Unis ?
Pour être reconnu, il faut réaliser de grandes choses et faire de grands combats. Aujourd'hui, des champions du monde, il y en a plein. Des réunifiés pas beaucoup. Si je gagne, j'aurai franchi une étape supplémentaire.
Aurez-vous une pensée particulière pour quelqu'un en entrant sur le ring?
Pour une fois, je ne vais penser qu'à moi et à ce que j'ai accompli. Si je me trouve aujourd'hui dans cette situation, ce n'est qu'à moi que je le dois. Personne ne m'a aidé. En France, le système n'avance plus. On fait du +sur place+. Il a fallu que je m'exporte aux Etats-Unis pour que les choses bougent. J'ai fait mon petit bout de chemin tout seul.
Le poids de l'histoire est-il difficile à porter ?
Rejoindre Holyfield au palmarès serait un honneur. Mais j'essaye de ne pas trop y penser. Tout ce qui m'importe est cette troisième ceinture. Je la veux. Samedi marquera pour moi la fin d'une aventure et le début d'une autre.»
Avec AFP